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LECTURE / La Confiance en soi, en l'autre et en la vie

  • 24 juil.
  • 11 min de lecture

Dernière mise à jour : 17 août


La confiance : en soi, en l'autre et en la vie

La confiance c'est une expérience intérieure de sécurité. Elle se construit dans la relation à soi, aux autres et à la vie. Lorsqu'une personne a vécu des blessures d'attachement, des traumatismes ou une relation manipulatrice, ces trois formes de confiance sont souvent ébranlées.


Comment se construit-elle... et comment la retrouver ? : La confiance n'est pas un trait de personnalité. Elle n'est pas non plus un état permanent. La confiance est une expérience intérieure de sécurité. Elle se construit progressivement à travers les expériences que nous vivons avec nous-mêmes, avec les autres et avec le monde. Lorsque cette sécurité a été fragilisée par des blessures d'enfance, des traumatismes, des relations toxiques ou des épreuves de vie, la confiance peut sembler disparaître.


Pourtant, elle ne disparaît jamais complètement. Elle peut être reconstruite.

 

Les 3 piliers de la confiance

1.                  La confiance en soi : La confiance en soi ne signifie pas : « Je vais toujours réussir. »  Elle signifie : « Je peux compter sur moi, quelles que soient les circonstances. »

Une personne qui a confiance en elle sait qu'elle peut :

•       ressentir des émotions difficiles sans s'effondrer ;

•       faire des erreurs sans perdre sa valeur ;

•       apprendre ;

•       demander de l'aide ;

•       poser des limites ;

•       prendre des décisions, même imparfaites.

La véritable confiance ne vient pas de la réussite. Elle vient de la certitude intérieure :  « Si je tombe, je serai capable de me relever. » 

 

2.                  La confiance dans les autres : Faire confiance ne signifie pas croire que personne ne nous blessera. Les êtres humains déçoivent parfois. Ils se trompent. Ils nous blessent. Ils nous quittent. La confiance consiste plutôt à croire que certaines personnes sont capables de : 

•       nous écouter ;

•       réparer lorsqu'elles nous blessent ;

•       respecter nos limites ;

•       accueillir notre vulnérabilité ;

•       rester présentes même lorsque nous sommes imparfaits.

Faire confiance n'est donc pas être naïf. C'est apprendre à discerner les personnes qui méritent progressivement notre confiance. La confiance ne se donne pas. Elle se construit. Elle s'observe. Elle s'entretient.


3.                  La confiance dans la vie : C'est peut-être la plus profonde. Elle ne signifie pas que tout ira toujours bien. Elle signifie :  « Même lorsque je traverse une épreuve, je peux trouver en moi et autour de moi les ressources pour continuer à avancer. »  Cette confiance permet d'accueillir l'incertitude sans vivre dans une peur permanente. Elle nous rappelle que la vie est faite de cycles :  des pertes, des rencontres, des séparations, des renaissances.

 

Pourquoi perdons-nous confiance ? : La confiance est souvent fragilisée lorsque nous vivons des expériences répétées où nos besoins fondamentaux ne sont pas respectés. 

Par exemple :

•       des promesses non tenues ;

•       des critiques constantes ;

•       des humiliations ;

•       des abandons ;

•       des violences psychologiques ou physiques ;

•       des manipulations ;

•       un parent imprévisible ;

•       des émotions ignorées ou ridiculisées.


Petit à petit, nous pouvons développer des croyances telles que :

•       « Je ne peux pas faire confiance à mes émotions. »

•       « Je ne suis pas assez bien. »

•       « Les autres finissent toujours par partir. »

•       « Je dois tout contrôler pour être en sécurité. »

•       « Si je montre qui je suis vraiment, je serai rejeté. »

Ces croyances étaient souvent des stratégies de protection. Elles ne sont pas des vérités. 

 

Les quatre fondations de la confiance en soi

1.                  Me faire confiance : Apprendre à écouter mes émotions, mon intuition et mes besoins. Ne plus les nier pour préserver une relation. Me demander régulièrement : « Qu'est-ce qui est vrai pour moi ? »

2.                  Me respecter : Chaque fois que je respecte une limite importante pour moi, ma confiance grandit. Chaque fois que je me trahis pour être accepté, elle diminue. Le respect de soi nourrit la confiance. L'abandon de soi l'affaiblit. 

3.                  Tenir mes engagements envers moi-même : La confiance en soi ressemble beaucoup à la confiance dans une relation. Si quelqu'un vous fait constamment des promesses qu'il ne tient jamais, vous finissez par ne plus lui faire confiance. Il en est de même avec vous-même. 

Lorsque vous vous promettez :

•       « Je vais prendre soin de moi. »

•       « Je vais dire non lorsque c'est nécessaire. »

•       « Je vais me reposer. »

Puis que vous le faites réellement... Votre cerveau apprend progressivement :   « Je peux compter sur moi. » 

4.                  M'accueillir avec bienveillance : La confiance ne grandit pas sous la critique permanente. Elle grandit lorsque nous pouvons nous regarder avec honnêteté et compassion. Faire une erreur ne diminue pas notre valeur. Cela nous donne simplement une occasion d'apprendre. 

 

La confiance est aussi une expérience corporelle : La confiance ne vit pas uniquement dans nos pensées. Elle vit dans notre système nerveux. Lorsque nous nous sentons en sécurité :

•       notre respiration s'apaise ;

•       notre corps se détend ;

•       nous retrouvons notre curiosité ;

•       nous pouvons réfléchir avec davantage de clarté.

À l'inverse, lorsque nous vivons dans la peur, notre cerveau cherche avant tout à survivre. Il devient plus difficile de faire confiance. Avant de reconstruire des pensées confiantes, il est souvent nécessaire d'aider le corps à retrouver un sentiment de sécurité.

 

Comment reconstruire la confiance ? : La confiance ne revient pas d'un seul coup. Elle se reconstruit à travers une multitude de petites expériences. Chaque fois que vous : 

•       écoutez votre intuition ;

•       respectez une limite ;

•       demandez de l'aide ;

•       osez dire ce que vous ressentez ;

•       accueillez une émotion difficile ;

•       prenez soin de vous ;

•       choisissez une relation respectueuse ;

•       reconnaissez une erreur sans vous dévaloriser...

vous renforcez progressivement votre sécurité intérieure. La confiance se construit moins par de grands actes héroïques que par des centaines de petits choix quotidiens.

 

Une question essentielle : Lorsque vous doutez de vous, demandez-vous : « Si mon meilleur ami vivait exactement cette situation, est-ce que je lui parlerais comme je me parle aujourd'hui ? »

Si la réponse est non, il est peut-être temps de devenir cette voix bienveillante dont vous avez toujours eu besoin.


Une dernière réflexion : La confiance en soi ne consiste pas à ne plus avoir peur. Elle consiste à avancer même lorsque la peur est présente, en sachant que nous pouvons compter sur nous-mêmes. La confiance dans les autres ne consiste pas à croire que personne ne nous décevra. Elle consiste à choisir avec discernement les personnes qui respectent notre dignité. La confiance dans la vie ne consiste pas à croire que tout sera facile. Elle consiste à savoir qu'au cœur même des épreuves, nous pouvons continuer à grandir, à aimer et à retrouver notre chemin. Car la véritable confiance ne naît pas de la certitude que rien ne nous arrivera. Elle naît de cette conviction profonde : « Quoi qu'il arrive, je ne m'abandonnerai plus. »

 

Les 10 voleurs de confiance et les 11 bâtisseurs de confiance : La confiance en soi ne disparaît généralement pas du jour au lendemain. Elle s'érode lentement, au fil de milliers de petits moments où nous cessons de nous écouter, de nous respecter ou de croire en notre propre valeur. À l'inverse, elle se reconstruit par de nombreux petits actes quotidiens, parfois presque invisibles. 

 

Les 10 voleurs de confiance

1.  Se comparer constamment : La comparaison nous fait regarder ce qui nous manque au lieu de reconnaître ce qui existe déjà. Elle nourrit l'envie, le doute et le sentiment de ne jamais être assez. La comparaison vole la paix intérieure. 

2.  Le perfectionnisme : Le perfectionnisme promet la sécurité. En réalité, il entretient la peur de l'échec. Lorsqu'il faut être parfait pour se sentir digne d'être aimé, la confiance ne peut jamais s'installer. La confiance grandit lorsque nous nous autorisons à être humains. 

3.  Le critique intérieur : Cette petite voix dit : « Tu aurais dû faire mieux. » / « Tu n'es pas assez. » / « Tu vas encore échouer. » 

Très souvent, cette voix n'est pas née avec nous. Elle est l'écho d'anciennes critiques, de jugements ou d'attentes excessives. Guérir, c'est apprendre à distinguer cette voix de notre véritable identité.

4.  Chercher constamment l'approbation : Lorsque notre valeur dépend du regard des autres, notre confiance devient fragile. Nous adaptons nos choix. Nous nous trahissons. Nous oublions progressivement qui nous sommes. 

La véritable confiance grandit lorsque notre propre regard devient plus important que celui des autres.

5.  Se trahir pour préserver la relation : Dire « oui » alors que tout notre corps dit « non ». / Accepter ce qui nous blesse. / Se taire par peur du conflit. Chaque fois que nous nous abandonnons, une partie de notre confiance s'effrite. 

6.  Ne pas tenir ses engagements envers soi-même : « À partir de demain… » / « Cette fois, je vais… » / Lorsque ces promesses restent sans suite, notre cerveau apprend une chose : « Je ne peux pas compter sur moi. »

7.  Laisser la peur décider : La peur est une émotion précieuse. Mais lorsqu'elle dirige toutes nos décisions, notre monde devient de plus en plus petit. La confiance ne consiste pas à ne plus avoir peur. Elle consiste à avancer avec elle. 

8.  Rester dans des relations qui diminuent notre valeur

•       Les critiques permanentes.  

•       Le mépris.  

•       L'humiliation.   

•       Le contrôle  

•       Le manque de respect.

À force, ces expériences deviennent une nouvelle normalité. La confiance ne peut grandir durablement dans un climat où notre dignité est régulièrement blessée.

9.  Croire que nos émotions sont un problème : Les émotions ne sont pas des faiblesses. Elles sont des messagères. Lorsque nous les rejetons, nous nous éloignons de nous-mêmes. Lorsque nous les écoutons avec curiosité, elles deviennent des guides. 

10.              Oublier de célébrer le chemin parcouru : Notre cerveau remarque spontanément ce qui manque. Il oublie facilement les progrès accomplis. La gratitude envers notre propre évolution nourrit profondément la confiance. 

 

 

Les 11 bâtisseurs de confiance

1.  Tenir de petites promesses envers soi-même : La confiance se construit de la même manière qu'une relation. Chaque promesse tenue renforce le lien. Commencez petit. Puis soyez constant. 

2.  Respecter ses limites : Chaque fois que vous dites un « non » aligné avec vos valeurs, vous dites aussi un « oui » à vous-même. Les limites ne repoussent pas l'amour. Elles protègent la relation. 

3.  Accueillir ses émotions : Au lieu de demander : « Pourquoi suis-je comme ça ? »

Essayez : « Qu'est-ce que cette émotion essaie de me dire ? »

4.  Développer un dialogue intérieur bienveillant : Parlez-vous comme vous parleriez à un enfant que vous aimez profondément. La douceur favorise davantage le changement que la dureté. 

5.  Oser être imparfait : L'imperfection est le lieu où naissent l'apprentissage, la créativité et la liberté. La perfection est une prison. 

6.  Choisir des relations sécurisantes : Les personnes qui : 

•       respectent vos limites ;

•       savent reconnaître leurs erreurs ;

•       accueillent vos émotions ;

•       encouragent votre autonomie ;

•       se réjouissent de votre évolution.

Ces relations nourrissent naturellement la confiance.

7.  Agir en accord avec ses valeurs : La confiance grandit lorsque nos actions reflètent ce qui est important pour nous. Même de petits choix cohérents renforcent notre intégrité. 

8.  Écouter son intuition : Notre intuition n'est pas une certitude. Mais elle est une information précieuse. Apprendre à l'écouter, puis à la vérifier avec discernement, renforce notre sécurité intérieure.

9.  Accepter de demander de l'aide : La confiance n'est pas l'autosuffisance. Les personnes les plus solides savent reconnaître qu'elles n'ont pas à tout porter seules. Demander du soutien est un signe de maturité, pas de faiblesse. 

10.              Se souvenir que notre valeur est inconditionnelle : Nos réussites changent. Notre apparence change. Nos rôles changent. Nos relations changent. Mais notre dignité d'être humain demeure. La confiance la plus profonde naît lorsque nous cessons de confondre ce que nous faisons avec ce que nous sommes. 

11.              Développer une relation d'amitié avec soi-même :  Beaucoup de personnes passent leur vie à chercher quelqu'un qui croie en elles. Mais la confiance la plus profonde naît lorsque nous devenons cette personne pour nous-mêmes. Être son propre allié ne signifie pas s'encourager aveuglément. Cela signifie être capable de se regarder avec honnêteté, de reconnaître ses erreurs sans se condamner, d'accueillir ses blessures avec compassion et de continuer à avancer avec bienveillance. 


La confiance en soi ne consiste pas à penser : « Je suis extraordinaire. »  Elle consiste à savoir : « Quoi qu'il arrive, je resterai à mes côtés. Je ne m'abandonnerai plus. » La confiance est la conséquence d'une relation sécurisante avec soi-même.


Une image pour retenir l'essentiel : Imaginez un arbre. Les feuilles représentent votre confiance visible. Les branches sont vos comportements. Le tronc est votre identité. Mais ce sont les racines qui permettent à l'arbre de rester debout. Ces racines sont : 

·         le respect de soi ;

·         la connaissance de soi ;

·         la responsabilité personnelle ;

·         des limites saines ;

·         des relations sécurisantes ;

·         la capacité à accueillir ses émotions ;

·         la compassion envers soi-même.

Lorsque les racines sont solides, les tempêtes peuvent plier les branches. Elles ne déracinent pas l'arbre.

 

Une dernière réflexion : La confiance n'est pas le contraire de la peur. Elle est la décision de ne plus laisser la peur définir qui nous sommes. Elle ne consiste pas à croire que nous ne tomberons jamais. Elle consiste à savoir que, si nous tombons, nous nous relèverons avec davantage de sagesse, de douceur et de respect envers nous-mêmes. La plus belle définition de la confiance pourrait être celle-ci : La confiance, c'est la certitude profonde que je peux traverser la vie sans avoir besoin de me trahir pour être aimé, accepté ou reconnu.

 

La confiance : revenir à la maison intérieure : Nous passons souvent une grande partie de notre vie à chercher la confiance à l'extérieur. Nous espérons que quelqu'un nous rassure. Qu'il nous choisisse. Qu'il nous confirme que nous avons de la valeur. Qu'il nous aime suffisamment pour que nous nous sentions enfin en sécurité. Pourtant, aucune relation ne peut durablement nous offrir ce que nous n'avons pas commencé à construire en nous-mêmes. 


La confiance n'est pas une émotion. C'est une relation. Une relation avec soi-même. Une relation qui se construit jour après jour. Elle grandit chaque fois que nous nous écoutons. Chaque fois que nous respectons une limite importante. Chaque fois que nous reconnaissons une émotion au lieu de la nier. Chaque fois que nous faisons un choix aligné avec nos valeurs plutôt qu'avec notre peur. Peu à peu, quelque chose change. 


Nous cessons de demander au monde : « Dis-moi qui je suis. » 

Et nous commençons à dire : « Je sais qui je suis, même lorsque tout le monde ne me comprend pas. »

Nous cessons de demander : « Est-ce que je mérite d'être aimé ? » 

Et nous découvrons : « Ma valeur n'a jamais dépendu du regard des autres. » 

Nous cessons de vivre dans la peur de perdre une relation. Parce que nous avons trouvé une relation que personne ne peut nous enlever : la relation avec nous-mêmes.

 

La confiance ne consiste pas à ne plus douter. Elle consiste à ne plus abandonner celui ou celle que nous sommes lorsque le doute apparaît. Elle ne consiste pas à ne plus avoir peur. Elle consiste à ne plus laisser la peur décider à notre place. Elle ne consiste pas à toujours réussir. Elle consiste à savoir que nos erreurs ne définissent jamais notre valeur. 

 

La véritable sécurité intérieure

Lorsque nous étions enfants, notre sécurité dépendait des adultes qui prenaient soin de nous.

Aujourd'hui, une partie de cette responsabilité nous appartient. Être adulte ne signifie pas ne plus avoir besoin des autres. Cela signifie devenir progressivement la personne capable d'offrir à son propre cœur ce qu'il a parfois tant attendu :

•       de l'écoute,

•       de la douceur,

•       de la protection,

•       de la vérité,

•       de la patience,

•       du respect.

Nous devenons peu à peu notre propre base de sécurité. Et c'est précisément cette sécurité intérieure qui nous permet ensuite d'aimer plus librement.

 

Le paradoxe de l'amour : Plus nous dépendons de l'autre pour nous sentir complets, plus nous avons peur de le perdre. Et plus cette peur risque de nous pousser à contrôler, à nous oublier ou à accepter l'inacceptable. À l'inverse, plus nous développons une sécurité intérieure, plus nous devenons capables d'aimer sans posséder, de donner sans nous sacrifier, de recevoir sans dépendre, et de rester nous-mêmes au cœur de la relation. L'amour cesse alors d'être un refuge contre nos peurs. Il devient un espace où deux personnes libres choisissent de grandir ensemble.

 

Une invitation : Chaque fois que vous vous sentirez perdu, posez doucement une main sur votre cœur et demandez-vous : « Si j'étais la personne qui m'aime le plus au monde, comment prendrais-je soin de moi aujourd'hui ? » Puis écoutez la réponse. Elle sera peut-être discrète. Peut-être hésitante. Mais elle vous rapprochera un peu plus de votre véritable boussole intérieure.

 

Une dernière réflexion : Nous passons souvent notre vie à chercher quelqu'un qui nous choisira enfin. La guérison commence le jour où nous nous choisissons nous-mêmes. Non pas contre les autres. Mais avec eux. Sans renoncer à notre authenticité. Sans abandonner notre dignité. Sans trahir nos besoins les plus profonds. Car la confiance n'est pas le sentiment que tout ira toujours bien. La confiance est cette présence calme qui murmure, même au cœur des tempêtes : 

« Je peux traverser cette épreuve. Je peux demander de l'aide. Je peux apprendre. Je peux aimer. Je peux être aimé. Et quoi qu'il arrive, je resterai fidèle à la personne que je suis en train de devenir. » 


C'est peut-être cela, la véritable liberté. Non pas vivre sans peur. Mais vivre sans avoir besoin de se perdre pour être aimé.

 
 
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